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Marine russe

Etat de la marine russe

La Russie, tout comme l’URSS de son temps, n’a pas une doctrine militaire privilégiant la marine hormis la flotte de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) participant à la mission de dissuasion nucléaire et une certaine capacité de nuisance avec sa flotte importante de sous-marins nucléaires et conventionnels d’attaque. Cette flotte de sous-marins a notamment été constituée pour tenter de rivaliser de manière asymétrique avec la toute puissance américaine (et ses groupes de combat autour d’une dizaine de porte-avions) et de l’OTAN dans le domaine naval. Les sous-marins nucléaires devaient aussi du temps de la guerre froide couper les voies de communication entre les Etats-Unis et l’Europe pour isoler cette dernière le temps que l’armée soviétique puisse atteindre les côtes de l’atlantique en cas d’invasion. La marine russe manque avant tout de capacités de projection de puissance, avec son seul porte-aéronefs "Adm. Kuznetsov", et de projection de forces avec ses moyens amphibies aujourd’hui très limités. Les moyens aériens de l’aéronavale russe (quelques Su-33 de défense aérienne seulement) et de l’aviation navale basée à terre sont également très limités. Notons tout de même que l’aviation navale possède des avions de patrouille maritime à très long rayon d’action (Tu-142 et Il-38) ainsi que des bombardiers Tu-22M ! Mais bien que disposant en propre d’unités d’infanterie de marine, de défense côtière ou d’aviation navale, la Marine n’a pas de véritable doctrine d’emploi interarmées.

La marine russe se contente donc aujourd’hui, à l’exception de la composante de sous-marins nucléaires d’attaque, de défendre les approches navales du territoire et de protéger les SNLE en opérations. Il faut dire aussi que le budget de la marine n’a cessé de décliner depuis la chute de l’URSS conduisant au retrait de très nombreux navires (y compris des navires récents et "puissants" comme certains croiseurs nucléaires de type "Kirov" ou les 3 SNLE de type « Typhoon » désarmés en 1998-99) sans qu’ils soient remplacés par des navires neufs. La marine a également été dans l’incapacité de financer le maintien en conditions opérationnelles (MCO) et la modernisation de la plupart de ses navires et sous-marins. Seuls les SNLE ont été privilégiés. Même le porte-aéronefs « Adm. Kuznetsov » a connu de longues périodes d’indisponibilité. Enfin, l’entraînement et les déploiements en haute mer ont été sensiblement réduits alors que les marins russes, largement sous payés, sont relativement démotivés. L’accident tragique du sous-marin nucléaire Kursk en 2000 (118 morts suite à l’explosion accidentelle d’une torpille qui a envoyé le sous-marin par le fond) est symptomatique de cette situation. L’enquête a en effet révélé au sein de la marine russe de nombreuses négligences et erreurs ainsi qu’une certaine incompétence imputables au sous financement et sous entraînement qu’elle subit. L’attitude très caractéristique de la guerre froide qui a consisté à maintenir le secret absolu a également participé à cette catastrophe avec le refus de l’aide de sauveteurs étrangers certainement bien plus expérimentés en la matière que les russes. Au moins, cette catastrophe aura-t-elle pu faire comprendre aux décideurs politiques et à l’opinion publique que la marine russe ne pouvait perdurer dans cet état...

En effet, malgré ce "tableau" assez noir de la situation de la marine russe depuis la chute de l’URSS, une "embellie" est à souligner depuis 2 ou 3 ans. On assiste à une hausse du budget de la marine (+50% en 2003 par exemple) et par conséquent de l’entraînement et de la maintenance des navires. Des navires qui n’étaient jusqu’ici plus opérationnels dans l’attente de leur carénage ou révision ont été remis en service tandis que d’importants exercices navals ont pu être conduits dans les différentes flottes. Quelques nouveaux navires entrent même en service (comme les frégates « Gepard » ou un sous-marin de type « Lada ») bien qu’il ne s’agisse pas de bâtiments majeurs. Des programmes de construction de nouveaux navires et sous-marins vont être financés par le plan d’armement 2007-15.

Enfin, il semblerait que l’Etat-major russe, sous l’impulsion du président Vladimir Poutine, veuille accorder à nouveau de l’importance à la marine et lui redonner un rôle de premier plan comprenant le déploiement de groupes navals sur les océans du monde entier pour y défendre les intérêts russes. Ainsi depuis les années 2000 on assiste au déploiement plus fréquent de navires russes pour des exercices internationaux (avec des pays comme l’Inde ou la Chine) ou pour « montrer le drapeau ». Pour l’anecdote, un SNLE russe de type Akula II a même fait escale à Brest en 2004 ; une première pour un sous-marin de ce type ! La Russie envisagerait d’installer une base navale permanente en Syrie selon certaines sources (officiellement démenties pour le moment) alors que dans les années 1990 elle s’était vu contrainte d’abandonner ses bases navales à l’étranger (comme à Cuba ou au Vietnam) en raison de ses moyens financiers plus que limités.

Les effectifs de la Marine russe étaient de 161 000 hommes en 2005 dont 16 000 servant dans les Garde-frontières (ce corps et ses navires - dont des frégates - fera l’objet d’un autre dossier de Redstars ultérieurement).

Au 1er janvier 2006, la Marine russe disposait de plus de 300 navires de combat (dont 63 sous-marins, 1 porte-aéronefs, 35 grands bâtiments de surface et 1 grand bâtiment amphibie) représentant plus d’un million de tonnes :
- 16 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SSBN) ;
- 10 sous-marin nucléaires lanceurs de missiles de croisière navals (SSGN) ;
- 20 sous-marins nucléaires d’attaque (SSN) ;
- 17 sous-marins classiques (SS) ;
- 1 porte-aéronefs (CV) ;
- 6 croiseurs lance-missiles nucléaires ou classiques (CGN et CG) ;
- 20 destroyers lance-missiles (DDG) ;
- 9 frégates (FFG et FF) ;
- 40 corvettes (FS) ;
- 53 corvettes lance-missiles (PGG et PGGJ) ;
- 48 bâtiments de guerre des mines divers ;
- 1 transport de chalands de débarquement (LPD) ;
- 26 bâtiments de débarquement (LST et LSM) ;
- 16 navires amphibies à effet de surface (LCUA / LCVPJ) ;
- 20 pétroliers ravitailleurs (AOR) ;
- etc.

A cela il faut ajouter des centaines d’autres navires de soutien de toutes tailles dont 18 navires collecteurs de renseignements (une spécialité russe pour suivre les groupes navals américains ou de l’OTAN), une soixantaine de navires hydrographiques ou océanographiques, une centaine de navires école, 15 navires hôpitaux, 1 navire d’observation spatiale, 4 navires de recherches scientifiques et 2 brises glaces militaires (une dizaine d’autres sont civils dont certains à propulsion nucléaire).

Les programmes en cours

La priorité est accordée à la flotte de sous-marins et tout particulièrement aux SNLE de la classe « Borei » (Projet 955). Selon le vice-amiral Vladimir Masorin, commandant en chef des forces navales russes, "au cours des dix prochaines années, la Russie renouvellera complètement ses forces stratégiques navales". 3 SNLE "Projet 955" Borei ont déjà été mis sur cale pour une livraison entre 2008 et 2011. Huit seraient envisagés au total dont sept d’ici 2015 et un huitième par la suite. La construction de sous-marin nucléaire lance-missiles de croisière, un type de sous-marin dédié à l’attaque des porte-avions américains et que l’on ne retrouve qu’en Russie, est quant à elle ralentie par le financement prioritaire des SNLE. Ainsi la construction du "Severodvinsk" de type "Projet 885" (le bâtiment tête de série d’une classe qui prévoyait au départ 6 unités) est ralentie depuis plusieurs tandis que celle du sous-marin "Belgorod", qui devait remplacer le "Kursk", aurait été annulée en 2006. Le "Severodvinsk" devrait toutefois être mis en service en 2009, son financement ayant repris plus normalement. A l’heure actuelle, il n’existe encore aucun projet de remplacement des SNA russes en l’absence d’urgence dans ce domaine. L’Amiral Masorin estime que cette question ne se posera que d’ici 10 ans. Côté sous-marins classiques, un troisième "Projet 677" Lada a été mis sur cale en 2006 pour la marine russe. Nommé "Sébastopol", il devrait être lancé en 2010.

Type Classe OTAN Classe russe Nombre Commentaires
SSBN Borei Projet 955 3* 3 mis sur cale pour une livraison en 2008, 2009 et 2011. 5 à 8 envisagés au total
SSGN Severodvinsk Projet 885 - Yasen 1* Six envisagés mais le programme est ralenti par le financement prioritaire des SSBN Borei. Le Yasen pourrait être mis en service en 2007
SS Lada Projet 677 3* Le premier, lancé en 2005, est toujours en essais tandis que 2 autres ont été mis sur cales.

La flotte de surface se modernise lentement avec l’arrivée de nouveaux bâtiments multirôles de moyen ou petit tonnage comme les Gepard, Neutrashimy ou Steregushyi. L’ex ministre de la Défense Sergeï Ivanov avait annoncé en 2006 que la Russie allait lancer la construction de dizaines de bâtiments de surface dont des frégates, des corvettes et des navires auxiliaires. Ce que confirme le plan d’armement 2007-15 qui prévoit la construction de 31 nouveaux navires d’ici 2015. La classe de frégates lance-missiles Gorshkov (en fait un destroyer qui ne dit pas son nom), dont le navire tête de série a été mise sur cale en 2006, viendrait quant à elle remplacer les destroyers "Sovremennyy" à partir de 2011. Dix à vingt frégates pourraient être construites. Par contre aucun porte-avions n’est prévu à court terme. La question de la construction éventuelle de nouveaux porte-avions sera définitivement tranchée vers 2009 selon les dernières informations données par la Marine russe. Mais d’ores et déjà un projet de construction d’un nouveau porte-avions nucléaire capable d’accueillir 30 aéronefs a été évoqué pour l’après 2015. Il pourrait être suivi de 5 autres d’ici 2030 si les financements le permettent (3 pour chacune des deux plus grandes flottes russes : Nord et Pacifique). On peut toutefois douter que 31 nouveaux navires sur 8 ans suffisent à moderniser totalement une flotte aussi importante que celle de la Marine russe surtout s’il s’agit de petites unités et si ce chiffre inclut les SNLE. A noter la commande de deux bâtiments de sauvetage de sous-marins pour moderniser les capacités de sauvetage de la marine. La construction d’un exemplaire par flotte (soient quatre navires au total) serait prévue. Les Garde frontières du FSB continuent quant à eux de recevoir des petits patrouilleurs et autres navires armés des types suivants : Projet 12200 Sobol, Projet 14310 Mirazh, Projet 12150 Mangust, Ogonyok, Projet 20910 Chilim, Projet 12260 Yastreb, Projet 14232 Mercury, etc.

Type Classe OTAN Classe russe Nombre Commentaires
FFG Gorshkov Projet 22350 1* mis sur cale en 2006 pour un lancement en 2009-10 et une mise en service en 2011. 10 à 20 bâtiments pourraient être commandés.
FFG Neustrashimyy Projet 1154 1* le "Yaroslav Mudry", second navire de ce type, est en cours d’achèvement
FF Gepard Projet 1166.1 1+2* le premier est en service depuis 2000, le second attendu en 2007
FS Steregushchiy Projet 20380 4* mise en service prévue entre 2008 et 2011 ; 4 à 12 navires supplémentaires pourraient être commandés ultérieurement sachant que la marine russe en réclame 20 au rythme d’une par an.
PG Buyan Projet 21630 1+2* les essais du premier, l’Astrakhan, se sont achevés en 2006 pour une mise en service mi-2007. 2 autres sont en construction sur une série possible de 7
PGG Scorpion Projet 12300 * 11 prévus dont certains pour les Gardes frontières
LST Ivan Gren Projet 1171-1 1* Mis sur cale en 2004 pour une mise en service prévue en 2008. 4 autres sont prévus
AGI Yuri Ivanov Projet 18280 1* bâtiment collecteur de renseignements
MHO Agat Projet 02668 1* chasseur de mine océanique de nouvelle génération lancé en 2006. Equipé de drones sous-marins de chasse aux mines
ASR  ? Projet 21300 1* commandé en 2005 pour une livraison en 2010. 3 autres sont prévus (un par flotte). Equipé d’un sous-marin de sauvetage pouvant plonger à 6 000 m.
ASR  ? Projet 20180 1* sera mis en service en 2007
AX Borodino Projet 12441U 1* navire école

L’aviation navale devrait également être modernisée à commencer par les avions de patrouille maritime Il-38 à partir de 2007. Afin de remédier au problème de l’entraînement des pilotes de chasseurs embarqués Su-33 (dépendance envers l’Ukraine qui possède la seule base avec les équipements simulant le pont du porte-aéronefs "Adm. Kuznetsov"), la construction d’une nouvelle base d’entraînement dans la région de Taganrog sera lancée en 2007. Les travaux doivent durer trois ans et coûter 2 milliards de roubles. Il est prévu que les pilotes d’hélicoptères de l’aéronavale transfèrent aussi leur centre de formation sur cette nouvelle base.

L’Infanterie de Marine russe devrait voir 45% de ses véhicules de combat remplacés d’ici 2015 selon le plan d’armement 2007-15. Elle pourra compter sur l’introduction d’une nouvelle classe de LST (5 sont prévus) à partir de 2008 pour les opérations amphibies. Ils seront capables de transporter 13 chars ou 60 véhicules et 300 hommes.

Ordre de bataille de la marine russe

La marine est l’une des trois principales branches des forces armées russes avec l’aviation et l’armée de terre. Son chef est donc directement subordonné au Ministre de la Défense. Elle comprend quatre flottes qui sont l’équivalent des districts militaires pour l’armée de terre et l’aviation : les flottes du Nord (QG à Severomorsk), de la Baltique (QG à Kaliningrad), du Pacifique (QG à Vladivostok) et de la Mer noire (QG à Severomorsk). Elles ont toutes le contrôle opérationnel des navires et unités (dont celles de l’aviation navale, de l’infanterie de marine et de la défense côtière) de leurs zones et sont responsable de leur défense.

En 2006, les principaux navires de combat de la Marine russe se répartissaient comme suit entre les différentes flottes :

Type Flotte du Nord Flotte du Pacifique Flotte de la Baltique Flotte de la mer Noire TOTAL
SSBN 11 5 16
SSGN / SSN 19 11 30
SS 6 8 2 1 17
CV 1 1
CG 3 1 4
DDG 7 8 4 1 20
FF / FFG 3 1 2 2 9*
TOTAL 49 34 8 6 98

*+1 pour la flotille de la Caspienne. Note : les chiffres des différents tableaux de cette étude peuvent varier selon la disponibilité des navires (opérationnels, en réparations ou en réserve).

- Flotte du Nord

La plus importante flotte est historiquement et quantitativement celle de Nord qui, depuis ses installations autour de Severomorsk, Polyarny, Severodvinsk ou Gremika fait face aux marines européennes de l’OTAN. C’est elle qui a bénéficié, et bénéficie toujours, de la priorité dans l’allocation des crédits dans la période d’après guerre froide. Elle comprend un nombre important de SNLE et SNA ainsi que les principaux navires de surface russes dont le porte aéronef "Adm. Kuznetsov", le croiseur nucléaire lance-missiles "Petr Velikiy" et des destroyers et frégates. Une brigade indépendante d’infanterie navale lui est rattachée. Elle comprend 4 bataillons d’assaut, un bataillon de chars, une batterie d’artillerie, une batterie antichars et une de lance roquettes multiples.

- Flotte du Pacifique

La flotte du Pacifique fait directement face à la fois aux marines américaine, japonaise et chinoise. Pendant un certain temps oubliée de Moscou qui se situe à l’autre bout de la Russie, il semble qu’elle fasse aujourd’hui un peu plus partie des priorités de la marine étant donné les enjeux économiques et stratégiques de cette région. Elle dispose elle aussi de quelques SNLE et SNA et de navires de surface majeurs comme des destroyers et frégates. Ils sont basés à Magadan, Petropavlovsk ou Racovaya en plus de Vladivostok et lui permettent d’assurer un rôle de défense côtière et des SNLE plus qu’autre chose. Une division d’infanterie navale à 2 500 hommes et 5 bataillons (3 d’assaut, une de chars et une d’artillerie) lui est subordonnée.

- Flotte de la Baltique

La flotte de la Baltique a la responsabilité d’une zone très fréquentée par les marines européennes et donc peu évidente à défendre. Mais depuis la fin de la guerre froide, elle n’a plus constitué pour Moscou une priorité et a largement été réduite. Elle aurait toutefois maintenu un niveau d’entraînement élevé. La marine dispose dans l’enclave de Kaliningrad de forces terrestres qui lui sont subordonnées (11ème Armée de la Garde, 37ème Brigade Aéroportée indépendante, un régiment indépendant d’Infanterie de Marine). L’aviation navale met aussi à sa disposition d’importantes forces aériennes (notamment tous les Su-27 de l’AV-MF ainsi que des Su-24M et Su-24MR). Baltiysk, Kronstadt et Saint Petersburg sont les principales bases navales de la flotte de la Baltique.

- Flotte de la Mer Noire

La flotte de la Mer Noire a une histoire particulière puisqu’il a fallu la partager entre la Russie et l’Ukraine à la chute de l’URSS. Un accord a été trouvé par les deux parties en 1997 ; lequel prévoyait aussi la location à la Russie de la base de Sebastopol en territoire ukrainien pour une période initiale de 25 ans. Les autres bases de la flotte de la Mer Noire sont Tuapse et Novorossiisk. Moscou a acquis après le partage de la flotte quelques bâtiments désormais ukrainiens lui permettant de disposer au final de 80% de l’ancienne flotte soviétique de la Mer Noire. Mais le MCO de la flotte n’a été que faiblement financé. La flottille de la Caspienne (QG à Astrakhan) est rattachée pour emploi à la flotte de la Mer Noire. Elle a elle aussi été partagée en 1996 et comprend encore quelques petits bâtiments dont l’"Astrakhan". Une brigade indépendante d’infanterie navale lui est rattachée. La Russie devra rétrocéder à l’Ukraine en 2017 les installations qu’elle possède sur son territoire et qui ont été l’objet de tensions entre les deux pays en 2006. D’où l’idée de construire une base navale en Syrie peut être…

L’aviation navale (AV-MF)

L’aviation navale russe (AV-MF ou « Aviatsiya Voyenno-Morskoyo Flota ») a son quartier général (QG) à Moscou. Elle est organisée en quatre Commandements Aériens de la Flotte affectés à chacune des quatre flottes russes. Ses missions principales sont l’attaque navale en soutien des navires de la marine, la lutte anti sous-marine, la défense aérienne de zone et le soutien aérien rapproché pour les unités de l’Infanterie de Marine. Redstars consacre un dossier complet à l’aviation navale (AV-MF).

L’Infanterie de Marine et la défense côtière

L’Infanterie de Marine russe (Morskaya Piekhota) et la défense côtière (Beregovye Raketno-Artilleriiskie Voiska ou Troupes de Missiles et d’Artillerie Côtière) constituent deux corps placés sous l’autorité d’un commandement unique. Ils sont en charge de la sécurité des navires et installations navales russes (mais également des ambassades russes à l’étranger), de la défense des côtes russes et des opérations amphibies. Ils sont abordés dans un autre dossier de Redstars : Infanterie de Marine & Défense Côtière.

Parc d’équipements de la marine russe

Le parc d’équipements de la Marine russe se composait comme suit au 1er mars 2007 :

Type Classe OTAN Classe russe Nombre Commentaires
SSBN Delta IV Projet 667BDRM 6 deux d’entre eux sont en carénage et ne sont pas opérationnels
SSBN Delta III Projet 667BDR 7 devraient être remplacés par autant de SSBN de type Borei
SSBN Typhoon Projet 941 3 1 Typhoon transformé pour l’essai des missiles Boulava n’est plus opérationnel. 1 SSBN Borei remplacera 1 Typhoon
SSGN Oscar II Projet 959A 10 la construction d’un 11ème a été annulée
SSN Akula II Projet 971U 2+2* l’un des deux derniers en construction pourrait être loué à l’Inde
SSN Akula I Projet 971/971M 10 l’un d’entre eux pourrait être loué à l’Inde
SSN Sierra II Projet 945B 2 l’un des deux serait en réserve
SSN Sierra I 1**
SSN Victor III Projet 671RTM 4+1**
SS Lada Projet 677 1+1* construction achevée en 2006 + mise sur cale d’un autre en 2006
SS Kilo Projets 877/636 12+5** plusieurs en carénage en 2006
CV Amiral Kouznetsov Projet 1143-5 1 remis en service en 2007 après réparations
CGN Kirov Projet 1144 1+1* 1 en service depuis 1998, 2 désarmés et 1 en cours de refonte pour une remise en service (en 2007 ?)
CG Slava Projet 1164 3
CG Kara Projet 1134 1
DDG Sovremennyy Projet 956 10 dont 2 en carénage en 2007
DDG Udaloy mod Projet 1155-1 1
DDG Udaloy Projet 1155 8+1** 1 mis en réserve en 2006 dans l’attente de sa révision (en 2007-08 ?)
FFG Neutrashimyy Projet 1154 1+2* les deux derniers encore en construction pourraient être achevés pour la marine russe en l’absence de client export
FF Krivak II Projet 1135M 2
FF Krivak I Projet 1135 5
FF Gepard Projet 1166.1 1+2* le premier est en service depuis 2000, le second attendu en 2007
FS Grisha V Projet 1124ME 25
FS Grisha III Projet 1124M 4
PG Buyan Projet 21630 1+2* 1 affecté à la Flotille de la Caspienne et 2 autres en construction
PGGJ Bora / Dergach Projet 1239 2
PGG Tarantul II Projet 1241-1M 7
PGG Tarantul III Projet 1241-1RE 26
PGG Nanuchka III Projet 1234-1 18
PGG Scorpion Projet 12300 1+11* mis en service en 2003. 11 autres prévus
PCK Matka Projet 206MP 3
PCK Muka Projet 1145 1
MSF Gorya Projet 1260 2
MSF Natya I Projet 266M 14
MHSC Sonya Projet 1265 24
MHI Lida Projet 1075 8
LPD Ivan Rogov Projet 1174 1 Carénage prévu en 2007. 2 autres désarmés en 1997-98 et placés en réserve
LST Ropucha I Projet 775 15 5 autres désarmés
LST Ropucha II Projet 775M 3
LST Alligator Projet 1171 6
LCUA Pomornik Projet 1232-2 3
LCUA Aist Projet 1232 6
LCVPJ Lebed Projet 1206 3
LCVPJ Gus Projet 1205 4
AEM divers divers 3
AR divers divers 15
ASR  ? Projet 11980 1 mis en service dans la Flotte du Nord en 2004
ASR divers divers 2
AOR Boris Chilikin Projet 1559 5
AOR Dubna Projet ? 2
AORL divers divers 19

Légende :

- *en commande ferme
- ** en réserve
-  ? nombre inconnu
- SSBN = sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE)
- SSGN = sous-marin nucléaire lance-missiles de croisière
- SSN = sous-marin nucléaire d’attaque (SNA)
- SS = sous-marin classique (diesel)
- CGN = croiseur nucléaire lance-missiles
- CV = porte-aéronefs
- CG(N) = croiseur (nucléaire) lance-missiles
- DDG = destroyer lance-missiles
- FF(G) = frégate (lance-missiles)
- FS = corvette
- PGG(J) = corvette lance-missiles (à effet de surface)
- PCK = hydroptère
- MSF / MHSC / MHI = bâtiments de guerre des mines
- LPD = transport de chalands de débarquement (TCD)
- LST = bâtiment de débarquement de chars
- LCUA / LCVPJ = bâtiments amphibies à effet de surface
- AEM = transport de missiles
- AR = bâtiment atelier
- ASR = bâtiment de sauvetage
- AOR(L) = pétrolier ravitailleur

Note : les chiffres des différents tableaux de cette étude peuvent varier selon la disponibilité des navires (opérationnels, en réparations ou en réserve).

Sources :


- The Military Balance 2005.
- Veille stratégique de Redstars 2001-2007.
- Russian Air Power - Yefim Gordon et Alan Dawes (2002)
- Aerospace Encyclopedia of World Air Forces - David Willis (1999)
- Flottes de Combat 2006
- Warfare.ru
- Coming at You from Underwater (Kommersant – Septembre 2006)

Article

> Mise à jour : septembre 2009
> Date de publication : avril 2007
> Auteur : redstars.


Le seul porte-aéronefs russe : l’"Adm. Kuznetsov". Aucun nouveau porte-avions n’est prévu à court terme.


Le destroyer britannique "HMS Nottingham" et le croiseur russe "Moskva" de type "Slava" lors d’exercices conjoints en Méditerranée. La Russie participe de plus en plus à des exercices militaires bilatéraux ou internationaux.


Un avion de patrouille anti sous-marine Il-38 May.


Un hélicoptère anti sous-marins Ka-27 s’apprète à apponter sur la plage arrière d’un navire de combat russe.


Les SNLE russes de type "Typhoon" sont les plus gros sous-marins du monde ! Ils opèrent généralement cachés sous la banquise...


SNLE type Delta IV en surface. La marine russe en possède six.


Les sous-marins nucléaires lance missiles anti-navires (SSGN) de type "Oscar II" sont spécialisés dans la chasse aux porte-avions occidentaux.


Le "Saint Petersburg", tête de série de la classe "Lada" (photo : Rubin).


Le "Levchenko", destroyer lance-missiles de type "Udaloy". 9 de ses grands bâtiments anti sous-marins sont encore en service.


Seuls deux croiseurs de classe "Kirov" sont encore en service. Ces navires à propulsion nucléaire sont les plus puissament armés du monde !


La frégate "Gepard" est l’un des derniers bâtiments à être entré en service dans la marine russe.


Corvette de type "Grisha V" (photo : ministère de la défense russe).


Un SNA de type "Akula II" dont la mission principale est la chasse aux sous-marins ennemis (SNLE et SNA). Ils peuvent aussi mener des missions d’escorte ou d’attaque de convois et task forces.


La nouvelle frégate "Stereguschyi" lors de ses essais.


Le seul TCD russe encore en service et dernier survivant de la classe "Ivan Rogov" : le "Mitrofan Moskalenko".


Le LST "Nikolay Korsakov" de type "Ropucha II". Il dispose à l’avant de deux lance roquettes multiples pour appuyer les débarquements amphibies de l’Infanterie de Marine.


Un bâtiment amphibie à effet de surface de type "Pomornik" à l’efficacité redoutable pour le débarquement de troupes.


Le navire collecteur de renseignements "Aziya" (type "Balzam") a été désarmé en 2000 mais deux autres unités de ce type restent en service. Lors de la guerre froide, ils suivaient systématiquement les groupes aéronavals américains.


Le drapeau de la marine russe est celui de l’ancienne marine tsariste repris après la chute de l’URSS dans les années 1990.