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La Russie, leader des constructions navales militaires

Le secteur russe de la construction des navires de guerre compte 160 entreprises, dont des chantiers navals, des bureaux d’études, des centres de recherche concevant différents appareillages et systèmes électroniques embarqués. Employant 200.000 personnes, il conçoit et construit des bâtiments de guerre et des navires auxiliaires de toute classe, ainsi que tous les types d’armements navals et de moyens techniques.

En cinquante ans, 2.000 navires de surface, sous-marins, vedettes porte-missiles et de patrouille ainsi que des navires auxiliaires ont été exportés, sans parler des armements navals et des systèmes de frappe côtiers. La Russie a par exemple exporté plus de vedettes que les plus grandes puissances navales du monde - les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France.

Ce sont les sous-marins les plus récents qui bénéficient traditionnellement d’un grand intérêt de la part des acheteurs étrangers potentiels. Des études mercatiques montrent que 30 et 40 de ces submersibles pourraient être vendus dans le monde d’ici à 2015. Le potentiel d’exportation russe dans ce domaine reste très élevé, grâce notamment aux sous-marins du projet 636 et Amour-1650, équipés d’un système intégré de missiles Club-S. Ces sous-marins diesel de quatrième génération se distinguent par une grande puissance de feu, une vitesse élevée et un rayon d’action considérable.

La Russie propose également à ses clients étrangers de gros navires de surface, dont des frégates. A leur nombre, des navires construits dans le cadre des projets 11356, 11541 et Guepard-3.9. La corvette du projet 20380 Steregouchtchi est au stade des essais. Les clients se voient proposer la corvette du projet 20382 Tigr, de conception très récente, dont la coque et la superstructure sont exécutées en recourant aux technologies furtives.

La Russie a été le premier pays à créer des vedettes porte-missiles. Ces bâtiments ont accompli toute une révolution, prouvant que des navires de faibles dimensions sont en mesure de changer le cours des opérations. Rosoboronexport, centrale publique russe d’exportation d’armements, propose les vedettes Molnia (Eclair). Des modèles absolument nouveaux de vedettes porte-missiles des projets 12300 Skorpion et 20970 Katran ont également été élaborées.

Avec un coussin d’air qui se forme sous le fond de sa coque armée d’ailerons de stabilisation, le navire porte-missile du projet 1239 Bora est en mesure de développer une vitesse atteignant 60 noeuds. Ce navire n’a pas son pareil dans le monde.

Le navire de débarquement Zoubr du projet 12322, le plus grand aéroglisseur de débarquement du monde, possède lui aussi un considérable potentiel d’exportation. A une vitesse allant jusqu’à 60 noeuds, il peut transporter du matériel et un bataillon de fusiliers marins pleinement équipés à une grande distance et les débarquer sur un littoral non aménagé.

La première au monde, la Russie a élaboré la technologie d’apparition sous les fonds de navires de faible déplacement, d’une caverne aérienne, qui permet par exemple à la vedette de patrouille du projet 14310 Mirage de développer une vitesse de 50 noeuds, de diminuer le roulis et le tangage, et de consommer moins de carburant.

Un vaste choix de navires de patrouille et de vedettes rapides, de même que de bâtiments auxiliaires pour les forces armées, la garde côtière et la police maritime sont proposés pour l’exportation.

Mais l’industrie russe conçoit et construit non seulement des navires et des vedettes de toute classe mais aussi des armements navals.

Il s’agit en premier lieu des systèmes de missiles Club-S pour sous-marins et Club-N pour navires de surface, uniques au monde, demeurant opérationnels dans le contexte d’un combat intense et de brouillages actifs. Le missile 3M-54E a un étage de combat ultrasonique séparable, franchissant la défense antiaérienne de pratiquement tout navire de surface. Le missile anti-sous-marin 91RE1 porte à une distance de 40 à 50 km une torpille autoguidée à grande vitesse, destinée à atteindre les sous-marins de tous les types. Le missile de croisière mer-sol, le ZM-14E anéantit toutes les installations côtières dans son rayon d’action.

C’est sur la base de ces systèmes de missiles intégrés qu’a été élaboré, en mettant à profit le principe d’unification maximale en appareillages et missiles, le système mobile multirôle Club-M, qui a les mêmes performances que les systèmes Club-S et Club-N, mais qui est capable de frapper depuis les côtes.

Le système embarqué de missiles antiaériens Chtil-1, à départ vertical, permet de garantir la sécurité d’un navire face à des attaques aériennes à une distance de plus de 30 km.

L’installation d’artillerie allégée A-190E Universal 100 mm est en mesure d’atteindre, à une vitesse de 80 coups de feu/minute, des cibles de surface et aériennes. On retrouvera cette même installation à la base du système d’artillerie embarqué universel A-192-5P-10E Armat-Pouma de 130 mm.

Les systèmes modernes de direction d’armes d’artillerie de type Pouma et Laska, conçus en utilisant la base électronique la plus récente et avec recours aux méthodes russes de traitement numérique mathématique de données, assurent un pointage de grande précision des obus.

Les systèmes embarqués de direction du feu russes de type ZTs-25E et Mineral-E permettent aux missiles anti-bâtiment d’atteindre des cibles non seulement en deçà mais aussi au delà de l’horizon.

Le radar Fourke-E, dont le prototype devient pour la première fois opérationnel à bord de la corvette russe du projet 20380 de type Steregouchtchi, est la conception la plus récente pour la détection de cibles de surface et sous-marins. Ce radar tous temps peut être exploité en toute zone climatique.

Le radar Podsolnoukh-E assure le contrôle de l’espace aérien et maritime dans un secteur de +120°, à des distances allant à 300 km et plus. Il permet de réduire notablement les frais de patrouille de cette même zone par des navires et des avions. Pour protéger des ouvrages d’importance particulière situés près du littoral face à la pénétration d’agents sous-marins ennemis, on proposera le radar magnéto-acoustique Komor-1 équipé d’une chaîne électromagnétique aux performances uniques.

Les livraisons aux clients de différents simulateurs imitant le mouvement des navires, le vol d’avions et d’hélicoptères, ainsi que l’emploi et l’exploitation d’armes occupe une place non négligeable dans les activités de Rosoboronexport.

La centrale propose un nouveau type de services : organisation de travaux de recherche-développement conjoints pour concevoir des navires et des armements navals modernes, suivant les exigences des clients étrangers. De même, on réalisera une assistance technique dans la création et la modernisation d’entreprises d’armements nationales, en vue de réaliser de nouvelles technologies dans la conception et la construction de navires et d’armements. Il s’agira enfin d’organiser la production sous licence de matériels navals russes à l’étranger.

Article

> Mise à jour : juin 2007
> Date de publication : juin 2007
> Auteur : Lioubov Sobolevskaïa.
> Initialement publié par RIA Novosti.


Un sous-marin indien de type "Kilo" acheté en Russie (photo : Marine indienne)