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Vers une OTAN russo-chinoise ?

jeudi 11 octobre 2007, par Admin


Le sommet de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) qui aura lieu samedi à Douchanbé promet un scoop : la signature d’un Protocole de coopération entre l’OTSC et l’OCS. Les experts parlent déjà de la création d’un puissant bloc militaro-politique susceptible de défier l’OTAN non seulement en Asie centrale, mais aussi sur tout le continent eurasien.

"Ces deux organisations possèdent des structures similaires", constate le directeur du Groupe d’évaluation des risques (Kazakhstan), Dossym Satpaïev, "tandis que de nombreux pays membres de l’OTSC font également partie de l’OCS." En effet, l’OTSC regroupe l’Arménie, la Biélorussie, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, alors que l’Organisation de coopération de Shanghai rassemble la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.

Il s’agira du premier document instaurant des relations officielles entre les deux organisations. Le protocole suppose une coopération dans les domaines de la sécurité, la lutte contre le trafic de drogue, la reconstruction de l’Afghanistan et la répression de l’extrémisme politique et religieux.

Les analystes russes notent qu’en cas de signature de ce protocole, la Chine nouera un partenariat stratégique avec l’Arménie et la Biélorussie qui permettra de donner naissance à un axe géostratégique Minsk-Moscou-Pékin. Ce nouveau bloc est censé devenir un puissant contrepoids à l’OTAN et au GUAM (Géorgie, Ukraine, Arménie et Moldavie). On n’exclut pas que le Turkménistan rejoigne "l’OTAN russo-chinoise".

"Je m’abstiendrai de surestimer le rôle de la Chine dans la coopération politique et militaire avec la Russie, explique Alexeï Malachenko, expert au Centre Carnegie de Moscou. La Chine a essentiellement besoin de l’OCS en tant qu’instrument économique. La Chine mène une politique étrangère tous azimuts et investit énormément dans l’économie américaine. A Pékin, on a répété cent fois qu’on ne pensait à aucune confrontation. Dans le même temps, les Chinois renoncent progressivement aux technologies militaires russes et n’en finissent pas d’évincer la Russie de l’Asie centrale."

"D’une part, l’OCS est pour la Chine un instrument d’expansion économique en Asie centrale, et Pékin prend ses distances par rapport aux projets militaires de grande envergure en préférant évoquer la lutte antiterroriste. D’autre part, les exercices militaires organisés conjointement par l’OCS et l’OTSC prendront de plus en plus d’ampleur tant que la limite entre la lutte antiterroriste et la coopération militaire proprement dite ne disparaîtra pas", estime Piotr Kozma, expert du centre Economie ouverte.

"La Chine n’en finit pas de creuser des canaux qu’elle peut à tout moment remplir d’eau. L’Asie centrale cherche à relever le défi posé par les capitaux américains et européens. La Russie se dote d’un contrepoids face à l’OTAN. Bien sûr, il y a des contradictions entre la Chine et la Russie, mais n’y en a-t-il a pas également au sein de l’OTAN, entre la Turquie et la Grèce par exemple ?" s’interroge-t-il.

Portfolio

OCS

P.-S.

> Auteur : RBC Daily.
> Traduction : RIA Novosti.

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