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Les forces aériennes russes

L’année 2007 a été marquée par de nombreux « événements » pour la force aérienne russe : reprise des vols permanents de bombardiers stratégiques, livraison des premiers avions de combat neufs depuis le début des années 1990, rééquipements de régiments avec des chasseurs modernisés, partenariats de financement des programmes du futur avec l’Inde, mise en service de nouveau systèmes anti-aériens, nombreux exercices, etc. Marquera-t-elle pour autant un tournant dans l’histoire des forces aériennes russes ?

Red-stars.org vous livre un dossier complet et exclusif sur les forces aériennes russes d’aujourd’hui.

1. HISTORIQUE

1.1 Les forces aériennes soviétiques jusqu’en 1991

Les forces aériennes soviétiques naissent en 1917 jusqu’à ce qu’elles se constituent un gigantesque potentiel considéré par l’OTAN comme une menace majeure sur le front européen. L’OTAN est d’ailleurs le principal « ennemi » à cette époque. Si de nombreux experts occidentaux méprisaient la qualité des appareils soviétiques, personne ne pouvait par contre nier ce déploiement colossal d’appareils. On découvrit plus tard à la chute de l’URSS que les appareils russes étaient également de qualité. Pour un aperçu du potentiel des forces aériennes russes en pleine guerre froide, on peut se reporter à l’article de Redstars sur L’aviation soviétique en 1983.

La force aérienne (VVS) est en Union soviétique l’une des cinq branches des forces armées au même titre que l’armée de terre (SV), la marine (VMF), les forces de défense aérienne (PVO) et les forces de fusées stratégiques (RSVN). Une organisation originale et particulière à l’URSS. Les forces de défense aérienne comprenaient une composante aérienne d’intercepteurs et avions radar (IA-PVO) ainsi que les installations radars au sol, les missiles sol air et l’artillerie anti-aérienne.

La plus grosse composante aérienne des forces armées soviétiques était la VVS avec ses quatre commandements : l’aviation à long rayon d’action (DA), l’aviation du front (FA), le transport aérien militaire (VTA) et un commandement de la réserve et de l’entraînement. Au sein des VVS, l’aviation à long rayon d’action regroupait tous les bombardiers stratégiques (porteurs de l’arme nucléaire) et à long rayon d’action (porteurs d’armements classiques). L’aviation du front avait pour mission l’attaque du dispositif adverse, l’appui des forces terrestres russes sur le champ de bataille et la supériorité aérienne sur ce dernier.

L’armée de terre englobait également un important corps d’aviation, l’Aviatsiya Sukhoputnykh Voysk (ASV), comprenant hélicoptères d’attaque et de transport. Sa mission principale était l’appui direct aux forces terrestres que ce soit par l’appui-feu, le transport de troupes ou de matériels. L’aviation navale (AVMF) comprenait les aéronefs embarqués et basés au sol (de lutte antinavire et anti sous-marine essentiellement). Enfin les forces de fusées stratégiques (comprenez les lanceurs de missiles balistiques nucléaires) disposaient d’hélicoptères de transport, de liaisons et de commandement pour remplir à bien leurs missions.

Cette organisation sera celle de toute la période soviétique. Chaque théâtre d’opérations disposait d’armées aériennes sous le commandement du commandant en chef local. Par exemple, la fameuse 16ème armée aérienne dont le quartier général était situé au sud de Berlin faisait partie du groupe de forces de l’Ouest. Trois groupes de forces existaient (Ouest, Sud et Est) avant 1991 avec chacun des armées aériennes à disposition organisées en divisions aériennes (comprenant elles même 3 régiments aériens à 3 escadrons) sans compter de multiples unités indépendantes de diverses tailles.

1.2 Les années noires des forces aériennes russes après 1991

Dans les années 1990 à 2000, la réorganisation des forces aériennes russes a été rendue nécessaire par des considérations capacitaires, financières et stratégiques. La période 1998-2001 sera particulièrement difficile.

Suite à la chute de l’URSS, les forces aériennes russes se sont en effet retrouvées avec une partie seulement des moyens de l’ex-URSS. En 1992, la Russie ne dispose plus que de 62% des aéronefs détenus par l’ex-URSS tandis que 35% de ses avions de combat et bombardiers se sont retrouvés en territoire étranger, de l’Ukraine au Kazakhstan. L’aviation russe ne disposait également plus que d’environ 50% des bases aériennes de l’ex-URSS. Elle est obligée d’arrêter ses vols permanents de bombardiers stratégiques. De plus, les budgets militaires fondent très rapidement, les commandes de l’Etat cessent quasiment tandis que l’entretien des appareils et le niveau d’entraînement des forces suivent la même courbe descendante par manque de carburant, de pièces détachées ou de motivation des personnels dont les salaires et conditions de vie se dégradent au point que les personnels les plus qualifiés pouvant se reconvertir facilement dans le civil quittent l’armée. De plus, si la Russie a hérité de la plupart des usines aéronautiques soviétiques, certaines implantations se sont retrouvées elles aussi à l’étranger (en Ukraine, Ouzbékistan ou ailleurs) multipliant les problèmes pour reconstituer un secteur aéronautique performant et intégré. Seuls quelques prototypes (les Mig 1.44 et Su-47 par exemples) et projets ont parfois été financés à hauteur de 10 à 40% environ dans l’espoir de maintenir les compétences des chercheurs et d’acquérir de nouveaux appareils plus performants dans le futur. Les avionneurs russes ont du bien souvent plus compter sur leurs revenus exports pour leurs nouveaux développements (Mig-29SMT/UBT et Su-30MK par exemple). La question de l’industrie aéronautique russe et de son évolution sera traitée dans un futur dossier de Redstars.

Parallèlement à cette situation plutôt noire en Russie, l’arme aérienne se révèle être au XXème siècle l’une des plus efficaces pour répondre à tout conflit potentiel de manière mesurée et progressive et ce en quelque point du globe que ce soit. Les russes en auront une première démonstration avec la première guerre du golfe où l’aviation militaire des Etats-Unis et de leurs alliés montrent toute leur puissance. La guerre du Kosovo, où l’arme aérienne "quasiment seule" a fait plier l’adversaire, en est un second exemple frappant. Les russes peuvent aussi constater l’avance américaine dans certains domaines comme les armes de précision. Quoi qu’il en soit, il parait aujourd’hui difficilement envisageable de conduire des opérations militaires d’envergure sans un précieux soutien aérien voir la maîtrise totale des airs comme dans la doctrine américaine. La Russie en a pris conscience elle aussi. D’autant plus que l’étendue de son territoire nécessite de pouvoir projeter rapidement et efficacement les moyens nécessaires à sa défense. La Russie voit également arriver dans les années 1990 et 2000 de nouvelles menaces à ses frontières : terrorisme et islamisme radical dans le Caucase du Nord (Tchétchénie notamment), « expansionnisme » de l’OTAN aux frontières ouest et désormais sud de la Russie (Pays baltes, Ukraine, Géorgie, etc.) et montée de la puissance militaire chinoise (bien qu’actuellement la Chine soit considérée comme un allié de Moscou). De plus, des disputes frontalières et sur le partage des richesses naturelles ne sont toujours pas résolues en Arctique, en Mer Caspienne ou avec le Japon. Ce nouveau contexte géostratégique auquel doit faire face la Russie tombe dans un moment où elle a encore moins les moyens d’y faire face qu’auparavant comme on l’a vu supra.

La Russie se devait donc de réagir pour maintenir des forces aériennes adaptées à ces nouveaux défis géostratégiques, capacitaires et financiers. Mais de manière générale, elle ne prendra que lentement les décisions qui s’imposent pour améliorer la situation du fait de l’absence d’une véritable doctrine, de l’immobilisme politique, du manque cruel de budgets, de la corruption et de la « vieille garde », des militaires hauts gradés n’ayant pas accepté ce nouveau contexte et qui l’estiment passager. Les premières mesures ont toutefois consisté à créer une force aérienne unifiée : la VVS (Voyenno-Vozdushniye Sily) résultant d’un décret du président russe Boris Eltsine en 1997 et unifiant les VVS et PVO soviétiques. Le but était d’en faire une force plus souple et plus efficace pour des missions plus diversifiées. Ainsi, les régiments d’intercepteurs ont vu s’ajouter à leurs missions traditionnelles de défense aérienne celles d’escorte de bombardiers ou de supériorité aérienne sur le champ de bataille. De même, les régiments de chasseurs de l’aviation du front se sont vu ajouter la mission de défense aérienne en plus de leurs missions habituelles. Dans le même temps, DA et VTA cessent d’être des commandements à part entière au sein des VVS pour devenir des armées aériennes : respectivement la 37ème armée aérienne du haut commandement suprême (en charge de la force de bombardiers nucléaires et conventionnels russes) et la 61ème armée aérienne du haut commandement suprême (en charge du transport aérien et des opérations aéroportées). Un nouveau centre de commandement opérationnel a été construit au sud est de Moscou à Zarya pour gérer la nouvelle force aérienne unifiée. Il est opérationnel depuis 1998. Des unités dites « de réaction rapide » ont aussi été créées dans chaque district militaire. Districts qui se voyaient eux aussi redéfinis et attribuer des armées aériennes propres : sont ainsi créés après 1991 deux commandements militaires stratégiques (Ouest et Est) coordonnés à six districts militaires ayant le statut de commandements territoriaux (en temps de paix puisque les régiments aériens passent sous commandement du chef du théâtre d’opération en cas de guerre) et couvrant l’intégralité du territoire russe : les districts militaires de Moscou, du Caucase du Nord, de la Volga-Oural, de Leningrad, d’Extrême-Orient et de Sibérie. A noter également que les unités aériennes de l’enclave de Kaliningrad sont toutes sous commandement du commandant de la Flotte de la Baltique et non de l’Armée de l’air.

Les restructurations engagées en parallèle réduisent, entre 1991 et 1996, le nombre de régiments d’aviation de 55%, le nombre d’appareils en parc de 50% et le personnel de 60%. En 2003, l’aviation de l’armée de terre (ASV) est aussi passée sous le contrôle des VVS sans changement aucun de structure. L’utilité de cette nouvelle étape a été fortement critiquée, notamment au point de vu des équipements : fondre dans la masse de l’Armée de l’air les unités d’hélicoptères a conduit à une moindre allocation des budgets en leur faveur à l’exemple du programme de nouvel hélicoptère de combat Mi-28N qui n’a avancé que très lentement. Mais les budgets ne s’améliorant toujours pas, la réforme et la modernisation de la force aérienne sont plus que difficiles : des généraux russes estimaient qu’en 2003, 40% des bases aériennes russes nécessitaient des travaux majeurs pour fonctionner correctement et sur les près de 5 800 aéronefs alors en parc, 32% n’étaient pas opérationnels. Pire, les pilotes russes volaient très peu et les exercices aériens se faisaient rares entraînant une dégradation rapide des capacités des pilotes. Les temps de vol moyen annuels des pilotes russes en 1998-2001 étaient descendus à environ 50 heures annuelles pour un pilote de transport, 30 heures pour un pilote de bombardier et 20 heures pour un pilote de chasse. Et ce sont surtout les pilotes expérimentés qui bénéficiaient alors des quelques heures de vol disponibles au détriment des jeunes pilotes sortis du système académique. En conséquence, le nombre d’accidents augmenta drastiquement : environ 100 aéronefs ont été perdus sur la période 2000-2003. Certaines composantes comme les bombardiers nucléaires furent toutefois privilégiées, en terme d’allocation de ressources, au détriment des autres. Mais faute de financer des programmes de modernisation à mi-vie (abandon du programme Su-30KN, gel du programme Mig-29SMT, avancée très lente des Mi-24N, Su-27SM et Su-25SM…), peu d’appareils en service supportent encore la comparaison avec leurs rivaux occidentaux. L’industrie russe reste bien sûr capable de rivaliser avec l’Ouest (les prototypes des Su-35 ou Mig-35 le prouvent sans parler du chasseur de cinquième génération PAK-FA) mais ses meilleurs produits ne sont achetés que par des forces aériennes étrangères qui en ont les moyens : Inde, Chine, Venezuela, Algérie, etc. Un général russe déclarait en 2002 que seuls à peine 20% des appareils russes pouvaient être considérés comme modernes. En fait seuls les systèmes antiaériens semblent avoir été renouvelés (introduction du S-300 notamment) tandis que les forces stratégiques nucléaires ont également bénéficié d’une certaine priorité.

1 .3 Un début de sortie de crise dans les années 2000

L’aviation militaire russe des années 2000 n’est clairement plus que l’ombre de son ancêtre soviétique et elle ne ferait actuellement plus le poids face aux forces aériennes de l’OTAN aussi bien quantitativement que qualitativement même si elle a été largement restructurée. D’après nos calculs, seul 4% du parc aérien russe pourrait être considéré comme moderne (appareils neufs et appareils modernisés). C’est un peu comme si l’ossature des forces aériennes des pays de l’OTAN était encore constituée de F-15A, Mirage 2000C et F-16A non modernisés à mi-vie. Quantitativement, la force aérienne russe disposerait d’un parc théorique d’environ 5600 appareils contre plus de 6000 pour la seule US Air Force (auxquels il faut ajouter les aéronefs de l’US Army, de l’US Navy et de l’US Marines Corps) sans parler des différences de niveaux d’entraînement, de disponibilité opérationnelle des appareils, etc.

Moscou en est bien conscient et la situation a commencé à s’améliorer avec l’arrivée du président Poutine en 2000 qui est bien décidé à "remettre l’armée sur pied" en accordant à la défense de substantielles hausses de crédits pour engager des modernisations notamment grâce à l’argent du pétrole dont le cours ne fait qu’augmenter. Ceci dans le cadre d’une politique plus globale visant au retour de la Russie sur la scène internationale. Les réformes des années 2000 ont porté sur de nouvelles réductions de personnels (30 000 hommes en moins entre 2001 et 2005), une harmonisation de la structure des unités aériennes, l’augmentation progressive des heures de vol, des livraisons de carburant et du nombre d’exercices réalisés annuellement. Poutine a même pu annoncer en 2007 la reprise des vols permanents de bombardiers stratégiques russes abandonnés en 1992. Leur présence est effectivement constatée depuis cette annonce sur tous les continents conduisant à des interceptions par les chasseurs occidentaux comme du temps de la guerre froide près des côtes européennes, canadiennes ou américaines ainsi que des bases militaires et groupes aéronavals américains dans le Pacifique, l’Atlantique, l’Océan indien, etc. De plus, les exercices aériens, navals ou terrestres se multiplient (+30% en 2007 par rapport à 2006 selon l’Etat-major des VVS) comme le lecteur pourra le constater en se référerant au dossier de Redstars sur les exercices militaires russes. On constate par ailleurs que ces exercices sont de plus en plus réalisés dans un cadre interarmées et prennent de l’ampleur par rapport à ceux organisés dans les années 1990. Des unités aériennes du district militaire d’Extrême-Orient ont également repris leur entraînement depuis des portions d’autoroutes, une pratique qui avait été abandonnée depuis plusieurs années déjà. Certains exercices sont même internationaux avec les forces aériennes des pays alliés de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) : Chine, Kazakhstan, Tadjikistan, Kirghizstan, Ouzbékistan. Contrairement à la Marine russe, on constate par contre que les forces aériennes russes ne participent pas à des exercices avec des pays de l’OTAN. Les temps de vol moyen annuels des pilotes russes sont en hausse : plus de 100 heures pour un pilote de transport, environ 80 heures pour un pilote de bombardier et près de 40 heures pour un pilote de chasse. Le taux d’attrition de l’Armée de l’air russe est aussi en baisse : « seulement » 8 appareils perdus en 2007 dont 5 sur « erreur de pilotage » et 3 sur « défaillance technique ». Malgré une amélioration certaine, les temps de vol moyen restent bien inférieurs aux standards occidentaux. Toutefois, preuve de l’investissement de la force aérienne russe dans sa modernisation et son avenir, les jeunes pilotes en école volent en moyenne 70 à 80 heures par an au détriment des pilotes plus expérimentés contrairement à la décennie précédente où ces derniers étaient privilégiés.

La modernisation du parc aérien des VVS est prévue via l’introduction de nouveaux aéronefs dont le développement et les essais s’achèvent comme l’avion d’attaque Su-34 ou l’hélicoptère d’attaque Mi-28N ainsi que l’arrivée dans un futur proche d’appareils de cinquième génération comme le futur chasseur PAK-FA à l’horizon 2015. Toutefois, il s’agit encore de faibles quantités annuelles (5 Su-34 prévus en 2008). Si la force aérienne russe a ainsi annoncé un objectif de 24 Su-34 d’ici 2010 et 58 d’ici 2015 voire 200 à terme, on peut douter de la faisabilité de ce projet. La modernisation des autres appareils en parc comme les avions de combat Su-27SM, les bombardiers Tu-160 ou les hélicoptères de combat Mi-24N a également repris progressivement mais en quantités annuelles relativement limitées de sorte qu’il sera impossible de moderniser tous les appareils dans les prochaines années. On constate de plus des disparités selon les types d’appareils : un régiment de Su-27 a ainsi été entièrement modernisé avec des Su-27SM et un second est en cours de rééquipement tandis que le programme de modernisation des Mig-29 est toujours gelé après une tentative de reprise avortée. Pourtant, la force aérienne russe dispose de « plateformes » de qualité qui, une fois modernisées, devraient pouvoir tenir la comparaison avec les chasseurs modernes. De plus, la force aérienne russe disposerait ainsi d’appareils relativement polyvalents comme le Su-27SM qui décupleraient alors ses possibilités et capacités offensives. Concernant les programmes du futur, la Russie s’oriente de plus en plus vers des partenariats stratégiques pour financer une partie du développement des appareils dont elle aura besoin mais qu’elle peine a financer seule. Ainsi, des accords de coopération ont été signés avec l’Inde pour le développement du chasseur de cinquième génération PAK-FA et de l’avion de transport moyen MTA. Ces coopérations pourraient toutefois retarder les programmes, le temps de prendre en compte les besoins spécifiques de l’Inde. Les travaux préliminaires sur le futur bombardier PAK-DA ne sont quant à eux pas conduits en coopération pour des raisons évidentes d’indépendance nationale dans un domaine lié à la dissuasion nucléaire. L’état du parc de la force aérienne russe et les programmes en cours sont abordés de manière plus détaillée dans les paragraphes suivants.

Parc

Ce tableau liste les appareils en service et les appareils en commande des forces aériennes russes (VVS) au 1er janvier 2007. Les données ont été compilées par Redstars à partir de très nombreuses sources. Votre contribution sera la bienvenue si vous pouvez apporter des informations ou corrections supplémentaires.

Aéronefs VVS Mission Commentaires
Mig-31 279 int le programme de modernisation du parc au standard Mig-31BM pourrait commencer en 2007
Mig-29A/C/UB 350 chasse
Mig-29SMT/UBT 50 ? multi appareils modernisés en 2006 avant un nouveau gel du programme en 2007. Il devrait reprendre en 2008.
Su-27P/S/UB 370 chasse dont au moins 100 Su-27S et peut être 50 Su-27UB. Les Su-27S sont en cours de modernisation au standard Su-27SM
Su-27SM 29 multi 5 Su-27SM livrés en 2003 à Lipetsk pour l’entraînement des pilotes puis 24 autres entre 2004 et 2006 pour équiper un régiment des VVS. Un autre contrat pluriannuel doit être passé en 2006 pour des livraisons en 2007-2009.
Su-27UBM  ? multi possiblement quelques exemplaires mais les Su-27UB ne semblent pas être prioritaires dans le programme de modernisation Su-27SM/UBM
Su-27M 5 multi appareils de pré production affectés à la patrouille des "Russian Khnights"
Su-24/Su-24M 218 attaq
Su-24M2 6 attaq au moins 6 appareils modernisés en 2006
Su-24MR 100 reco
Su-24MP 20 Elint statut actuel inconnu
Mig-25R/RU/P/PU 40 reco/ent les quelques Mig-25RU/P/PU sont essentiellement utilisés pour l’entraînement des pilotes de Mig-25R de reconnaissance qui équipent deux régiments. La durée de vie des Mig-25R aurait été prolongée à 35 ans en 2007.
Su-34 2+16* attaq 58 prévus d’ici 2015 (soit 2 régiments) sur un besoin estimé à 200 exemplaires. 2 livrés en 2006, 6 prévus en 2007 et 10 en 2008.
Su-25/UB 180 CAS
Su-25SM 6+15* CAS 6 Su-25 modernisés en 2006 pour essais avant affectation au 368ème régiment de Budyennovsk. 7 autres doivent être modernisés en 2007 et 8 en 2008. A terme, au moins 2 régiments doivent être équipés de Su-25SM
Su-25T/TM (Su-39) 10 ? CAS quelques appareils réunis au sein d’une unité d’évaluation
Tu-22M-3/MR 124 bomb/reco
Tu-95MS 64 bomb
Tu-160 15 bomb
A-50 20 AWACS au moins un appareil modernisé en 2006 ?
Il-18 6 vip
Il-22 16 Elint
Il-87 6 PC
Il-82 2 PC PC volant en cas de crise nucléaire
Tu-214 4* vip 2 avions de transport vip et 2 avec des équipements spéciaux non spécifiés ont été commandés en 2003. L’un d’eux ou un autre exemplaire pourrait être utilisé pour les missions d’observation "open sky"
Il-96 2 vip avions équipés de moyens de communication renforcés pour le transport du président russe
Il-76M/MD 210 trsprt dont 14 qui seraient à moderniser au standard Il-76MD-90 d’ici 2015. Certains portent des livrées civiles
Il-76MF 4* trsprt livrables d’ici 2015
Il-78 20 ravit dédiés au ravitaillement en vol des bombardiers stratégiques
An-12 50 trsprt
An-22 20 trsprt maintenus en état de vol mais volent peu
An-24/26 100 trsprt/Elint
Il-112V * trsprt 18 appareils seraient à livrer sur 2010-15. A terme, l’Il-112V remplacera les An-26
Su-80 25* trsprt livrables à partir de 2007 sur 4 à 5 ans
An-30  ? reco
An-32  ? trsprt
An-72/74 20 trsprt
An-124 22 trsprt
Il-62M 12 trsprt/vip
Yak 40 25 vip
An-2 150 trsprt les militaires souhaitent en moderniser un nombre inconnu en An-3T à partir de 2007
L 410 150 ent/trsprt
ANSAT 100* ent 100 appareils livrables d’ici 2015 pour remplacer les Mi-8 d’entraînement avec de premières livraisons de série prévues en 2008
Mi-2A 22+2* ent modernisation et remise en service de cellules existantes
Tu-134 6 ent utilisés pour l’entrainement des pilotes et navigateurs de bombardiers
L-39C 945 ent
Yak-130 12* ent 12 appareils commandés en 2006 et livrables en 2007-08 sur un total de 60 espérés d’ici 2015 et un besoin total de 300 exemplaires
Mi-28N 7+13* CAS 50 livrables d’ici 2010 sur un total de 67 espérés. 20 auraient été commandés dont 7 ou 8 à livrer en 2006 dont 5 appareils de production ayant rejoint le programme d’essais opérationnels
Ka-50 15+3* CAS 2 appareils auraient été livrés en 2006 et 3 seraient à livrer en 2007
Ka-52 * CAS 12 Ka-50/52 seraient en commande pour les opérations spéciales dont 1 livrable en 2007
Mi-24PN 15 CAS 5 Mi-24 modernisés en 2006, 5 en 2003 et 5 en 2004
Mi-24D/V/P/K 745 CAS/reco
Mi-8/17 1080 assaut hélicoptères multirôles utilisés pour le transport d’assaut, les liaisons, le transport de parachutistes, le sauvetage, etc. Certains ont été modernisés pour le combat nocturne
Mi-8/9 60 Elint/PC
Mi-26 36 trsprt

PS : ne sont pas listés ici tous les nombreux appareils en réserve préservés dans des conditions variables sur différentes bases russes dont, selon certaines sources, environ 100 Mig-31, 150 Mig-29, 500 Mig-23/27, 120 Su-24, 200 Su-17/22, 90 Tu-22M, de nombreux Mi-24 et Mi-8, etc.

Légende :


- *en commande ferme
-  ? nombre inconnu
- int = interception
- multi = multirole
- attaq = attaque
- reco = reconnaissance
- ent = entrainement
- Elint = guerre électronique
- CAS = appui rapproché (Close Air Support)
- bomb = bombardement
- PC = poste de commandement volant
- AWACS = radar aéroporté (Airborne Warning And Command System)
- trsprt = transport
- vip = transport de militaires de haut rang (Very Important Person)
- assaut = transport d’assaut
- ravit = ravitaillement en vol
- SAR = recherche et sauvetage

Sources


- Redstars : veille stratégique 2001-2008, analyses & reportages et fiches techniques.
- Russia rising, Piotr Butowski (Air forces Monthly Juillet/Août 2007)
- The Military Balance 2006.
- Russian Air Power, Yefim Gordon et Alan Dawes (2002)
- Aerospace Encyclopedia of World Air Forces, David Willis (1999)
- Warfare.ru
- Russianforces.org
- Jane’s
- Air&Cosmos

Article

> Mise à jour : janvier 2010
> Date de publication : mars 2008
> Auteur : Redstars.


Mig-31 (photo : VVS)


Il-78 ravitaillant un bombardier Tu-95MS Bear


Le démonstrateur du Su-47 Berkut précède deux Su-27 Flanker des VVS


Deux Su-25 russes en mission d’appui aérien rapproché


Un Mi-28N russe lors de l’exercice "Bouclier 2006" (photo : RIA Novosti)


Cérémonie officielle lors de la mise en service du premier système antiaérien S-400 à Elektrostal (photo : Ministère de la défense russe).