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Diminution continue du nombre de patrouilles de SNLE russes

Le nombre de patrouilles de dissuasion réalisées par les 11 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) russes est passé de cinq en 2006 à seulement trois en 2007 selon la dernière édition du "Nuclear Notebook" publié par le "Bulletin of the Atomic Scientists".

Comparativement, les SNLE américains en ont réalisé 54 en 2007, soit plus de 3 fois le nombre effectué par tous les autres pays disposant de l’arme nucléaire combinés.

Ce faible nombre de patrouilles continue le lent déclin constaté depuis la fin de la guerre froide : aucune patrouille n’avait été réalisée en 2002 (cf. graphique ci-contre). Ce constat prouve que la Russie ne maintient plus une dissuasion nucléaire permanente comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Elle a au contraire adopté une nouvelle posture qui consiste à envoyer occasionnellement en patrouille un SNLE dans à des fins de formation.

Une dissuasion maritime occasionnelle

Ce passage à une dissuasion maritime occasionnelle est apparu en 2007 quand le ministre de la défense de l’époque, Sergei Ivanov, avait déclaré le 11 septembre que 5 SNLE étaient en patrouille à ce moment-là. Quatre mois plus tard, le service du renseignement naval américain montrait que ces 5 patrouilles étaient les seules de toute l’année. En combinant les 2 sources, il semble que les patrouilles soient toutes menées en même temps plutôt que réparties sur l’année.

La raison de ce changement n’est pas certaine. La marine russe n’a peut-être toujours pas surmonté ses difficultés financières et techniques apparues après la chute de l’URSS. Les SNLE peuvent toutefois lancer leurs missiles tout en étant à quai si nécessaire bien qu’une telle posture fasse de chaque SNLE une cible facile et vulnérable. La Russie pourrait tout simplement avoir décidé qu’il n’était plus nécessaire de maintenir une force nucléaire permanente à la mer, quelques patrouilles d’entrainement suffisant pour déployer si nécessaire les SNLE en cas de crise.

Les zones de patrouille des SNLE russes

On sait peu de choses sur les zones de patrouille des SNLE russes. Cependant, l’US Naval Intelligence avait publié en 2000 une série de cartes grossières des zones de patrouille des SNLE de classes Delta IV et Typhoon pour les années 1980 et 1990. Les quelques SNLE à partir en patrouilles occasionnelles utilisent probablement ces mêmes zones.

Perspectives

Le déclin des patrouilles de SNLE russes contraste nettement avec la hausse des opérations (quantitativement et en étendue) des bombardiers et des navires de surface russes en 2006-2007. Les patrouilles de SNLE ne sont pour le moment pas utilisées pour comme faire valoir du statut de la Russie.

Environ 20% des têtes nucléaires stratégiques russes sont embarquées sur des plateformes navales. Mais avec le remplacement à venir des vieux SNLE Delta III (et de leurs missiles à 3 têtes nucléaires) par les nouveaux SNLE de la classe Borei dont l’entrée en service du premier est prévue d’ici la fin de l’année (et équipés de missiles à 6 têtes), la part des SNLE devrait passer à environ 30 % d’ici 2015.

La Russie disposerait actuellement en stock d’environ 5 200 têtes nucléaires dont 3 110 têtes stratégiques et 2 090 têtes non-stratégiques. On estime que 8 800 autres têtes sont en réserve ou attendent d’être démantelées.

Article

> Mise à jour : avril 2008
> Date de publication : avril 2008
> Auteur : Hans M. Kristensen.
> Initialement publié par FAS Strategic Security Blog.
> Traduction : Redstars.


SNLE russe de type Delta IV.