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Moscou s’offre des drones tactiques israéliens

Selon la presse russe et israélienne, la Russie vient de signer un contrat d’environ 50 M US$ avec l’industriel israélien IAI pour l’acquisition de plus de 50 drones tactiques de divers modèles.

Il s’agirait des mini drone "Bird-Eye 400", généralement utilisés par les unités infanterie pour voir "au-delà de la colline", ainsi que des drones tactiques "I-View Mk150" et "Searcher MkII" plutôt utilisés aux niveaux brigade ou division pour du renseignement tactique jusqu’à 300 km de distance. Leurs caractéristiques techniques sont résumées ci-dessous :

Caractéristiques Bird-Eye 400 I-View Mk150 Searcher MkII
Poids maxi au décollage 5,6 kg 160 kg 436 kg
Charge utile 1,2 kg 20 kg 120 kg
Types de charges utiles proposées jour/nuit TV/IR TV/IR, radar à ouverture synthétique, ESM/COMINT
Autonomie 1 h 7 h 20 h
Rayon d’action 10 km 100 km 300 km
Plafond 1 000 17 000 23 000 pieds
Lancement & récupération manuel / parachute lanceur sur camion / parachute piste

Bien que l’URSS fut un pionnier en matière de drones, la Russie n’a pas su conserver son avance dans ce domaine et s’est retrouvée avec un trou capacitaire. Il aura fallu attendre le conflit avec la Géorgie en août 2008 pour que Moscou prenne conscience de cette lacune alors qu’un petit état comme la Géorgie avait acquis un certain nombre de drones israéliens Hermes 450 (Elbit) qu’elle a utilisé avec succès. L’industrie russe a été consultée et de premiers contrats ont été passés, notamment auprès de Vega Radio Engineering Corp pour des petits drones tactiques Tipchak (40 km de rayon d’action mais seulement 2 heures d’autonomie). Mais elle s’avère pour le moment incapable de fournir des systèmes fiables et performants.

La Russie a donc opté pour l’acquisition de drones israéliens, leader mondial sans conteste dans ce domaine, et plus particulièrement ceux d’IAI après avoir également évalué ceux d’Elbit. Cette acquisition est à considérer comme une mesure temporaire dans l’attente du développement de drones russes équivalents, éventuellement dotés d’équipements israéliens comme leurs systèmes de contrôle et charges utiles. La Russie accuse en effet un retard énorme dans le domaine des systèmes C2 alors qu’elle pourra à priori plus facilement rattraper son retard en matière de plateformes, forte des performances de son industrie dans les domaines des avions et des missiles. L’armée russe va ainsi pouvoir se familiariser avec l’emploi de drones modernes et développer de nouvelles tactiques exploitant cette capacité de renseignement tactique à base de drones. Pour l’industrie russe, ce sera aussi l’opportunité d’analyser ce qu’est un vrai drone tactique moderne... Les États-Unis avaient choisi la même voie dans les années 1980 en achetant des drones israéliens pour rattraper leur retard avant de développer leurs propres drones. Ils sont aujourd’hui devenus l’un des leaders mondiaux en matière de drones...

Le renforcement de la coopération russo-israélienne devrait aussi bénéficier à Israël qui ne souhaite pas que Moscou livre à ses ennemis des matériels sophistiqués (missiles S-300 à l’Iran, chasseurs Mig-29M et Mig-31 à la Syrie, etc.) mais avait livré des drones à la Géorgie...

Article

> Mise à jour : avril 2009
> Date de publication : avril 2009
> Auteur : Redstars.


Searcher Mk2 (photo : IAI)


I-View Mk150 en cours de récupération via son parachute (photo : IAI).


Lancement manuel d’un Bird-Eye 400 (photo : IAI).